Le 1er avril 2022, le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation a édicté par arrêté le Projet pilote relatif à l’exploitation d’un abattoir de poulets à la ferme (dernière mise à jour du descriptif: HTML / PDF Juillet 2026) afin de pouvoir évaluer, sur une période maximale de 5 ans (2022-2026), les pratiques d’abattage de poulets à la ferme par une personne qui en fait l’élevage; l’arrêté du ministre a été publié le 13 avril 2022 dans la Gazette officielle du Québec (si le lien ne fonctionne plus, cliquez ici).
Le 30 juin 2026, un Règlement modifiant le Règlement sur les aliments est paru à la Gazette officielle du Québec (si le lien ne fonctionne plus, cliquez ici). Il est venu pérenniser les pratiques d’abattage de poulets à la ferme, élaborées dans le cadre du projet pilote, en modifiant le Règlement sur les aliments de la Loi sur les produits alimentaires et en créant une nouvelle catégorie de permis d'abattoir de proximité, celle de «poulets à la ferme» (283$/année en 2026). Ces modifications entreront en vigueur le 29 août 2026 (à partir de cette date, référez-vous directement au Règlement sur les aliments).
Vous trouverez ci-dessous réunies (section ii) les modifications les plus importantes à considérer si vous souhaitez obtenir ce nouveau permis. Il vous permettra non seulement d'abattre vos poulets à la ferme (jusqu'à 300 par année) mais également de les y préparer – par exemple découper vos carcasses, cuisiner la viande, emballer vos produits – et de vendre vos denrées à la ferme ou à votre étal dans un marché public.
Si on souhaite servir sa volaille à la ferme dans le cadre d'une activité de restauration (table champêtre), on doit, en plus d'obtenir un permis d'abattoir, obtenir un permis de restauration (367$/année en 2026). Noter que l'obtention d'un permis de restauration est assorti de l'obligation de suivre une formation en hygiène et salubrité alimentaire pour obtenir le certificat délivré suite à cette formation.
Par ailleurs, si on souhaite servir sa volaille à l'occasion de repas à la ferme ponctuels, quelques fois pendant l'été par exemple, il est possible de se procurer un Permis pour événements spéciaux et marchés publics (en 2026: 40$ pour la première journée d’activité, 9$ pour chaque journée additionnelle consécutive, 30 jours ou moins). Ce permis n'est PAS assorti de l'obligation d'obtenir un certificat attestant que vous avez suivi une formation en hygiène et salubrité alimentaire. Voilà une excellente façon de tester une formule «repas à la ferme» à peu de frais.
En résumé, le permis d'abattoir de proximité catégorie «poulets à la ferme» est assorti d'un permis d'atelier de charcuterie qui vous permettra de faire la préparation de viandes ou d’aliments carnés et de les vendre à la ferme ou dans un marché public. Il ne vous permet pas toutefois de servir ces préparations à la ferme ou dans un marché public sans un permis de restauration ou un permis pour événements spéciaux.
- Article 1.3.2.A.3. «Le permis d’abattoir de proximité de catégorie «poulets à la ferme» autorise son titulaire à exploiter un abattoir de proximité [...] où se fait l’abattage de poulets et un atelier de charcuterie où se fait la préparation de viandes ou d’aliments carnés pour fins de vente au détail.»
- Article 1.3.5.D.1.1. «L’exemption prévue au paragraphe m du premier alinéa de l’article 9 de la Loi [Loi sur les produits alimentaires] s’applique également à un étal au marché public exploité par le titulaire d’un permis prévu au paragraphe a.1 du premier alinéa de l’article 9 de la Loi.»
Cet article stipule qu'il vous est possible de vendre votre poulet – ainsi que des aliments préparés à partir de ce poulet – dans un marché public. Cependant, puisque votre permis doit être affiché là où vous vendez vos denrées (et qu'une photocopie de votre permis n'est pas un document admissible), vous ne pouvez pas vendre en même temps à la ferme et dans un marché public.
- Article 1.3.6.1.1. : Le coût du permis d'abattoir de proximité, catégorie «poulets à la ferme» est de 283$ par année.
- Section 6.3
«Les dispositions de la section 6.3, de l’article 6.4.1.16, de la sous-section 6.4.3 et de la section 6.5, à l’exception de celles du troisième alinéa de l’article 6.3.5.7 et de l’article 6.5.2.31, ne s’appliquent pas à un abattoir de proximité de catégorie «poulets à la ferme».»
Ces dispositions sont remplacées par les Normes de construction et d’aménagement des abattoirs de proximité de catégorie «poulets à la ferme» présentées à l'article 6.3.A.2 du Règlement sur les aliments.
Fait important à noter, en soustrayant l'abattoir de la plupart des dispositions de la section 6.3, on le soustrait à l'article 6.3.5.1 du Règlement sur les aliments qui porte sur les planchers, murs et plafonds. Cet article stipule entre autre que «les planchers doivent être résistants aux chocs, imperméables, lavables et non glissant». Par ailleurs, les Normes de construction et d’aménagement des abattoirs de proximité de catégorie «poulets à la ferme» ne donnent pas de recommandations particulières quant aux planchers, murs et plafonds de l'abattoir de poulets à la ferme.
Voilà ce qui explique qu'un plancher de pierres concassées (non-poussiéreuses), comme celui que je vous propose d'utiliser dans ce guide, a été jugé acceptable par les inspecteurs du ministère. Toutefois, l'article 6.3.A.1.4 stipule que le local d'abattage doit être aménagé «de façon à empêcher l’entrée de toute espèce d’animaux autres que celles destinées à l’abattage, y compris les insectes et les rongeurs.»
Par ailleurs, l'exploitant d'un abattoir de poulets à la ferme est aussi soustrait de l'application de l'article 6.4.1.16 du Règlement sur les aliments. Ceci le dispense d'avoir à disposer de ses résidus d'abattage par incinération ou par transport à l'extérieur de la ferme pour élimination. Ceci permet à l'exploitant de composter sur place ses résidus d'abattage (voir la section Valoriser les résidus de l'abattage: compostage et épandage).
- Article 6.3.A.2.2 précise que les aires où sont effectuées les opération d'insensibilisation, de saignée, d'échaudage et de plumaison doivent être séparées par une cloison de l'aire où sont effectuées l’éviscération et les opérations subséquentes (par ex.: tri et préparation des abattis, réfrigération dans l'eau glacée (carcasses) ou sur la glace (abattis), le lavage des mains, etc.).
En d'autres mots, seule l'aire d'éviscération doit être cloisonnée.
La cloison doit empêcher l'entrée de toute espèce d'animaux, y compris les insectes et les rongeurs. Ici, nous avons utilisé un revêtement en polyéthylène de style «coupe-vapeur» qui se prolonge (débord) sur le sol et est maintenu tendu contre celui-ci. Ce revêtement constitue une cloison adéquate.
- Les articles 13, 6.3.A.2.4.i et .j font mention:
- de l'équipement ou à des installations frigorifiques permettant le refroidissement des carcasses (6.3.A.2.4. i)
- des installations frigorifiques d’une température d’au plus 4 °C servant à l’entreposage des carcasses (6.3.A.2.4. j).
Dans notre abattoir, «1.» est une cuve de lavage remplie d'eau glacée (voir nos plans d'aménagement ci-dessous), et «2.» fait référence aux frigos de notre cuisine de transformation vers lequels nous transférons la viande refroidie après l'abattage.
Par rapport au refroidissement des carcasses, le document Méthodes de réfrigération, de refroidissement et de congélation de la viande de volaille et de lapin de l'Agence canadienne d'inspection des aliments offre ce tableau fort utile:
- Article 18, 6.4.3.A. «Opérations relatives aux abattoirs de proximité de catégorie "poulets à la ferme"»
- 6.4.3.A.1. «Le nombre maximal de poulets pouvant être abattus par un titulaire de permis d’abattoir de proximité de catégorie «poulets à la ferme» est de 300 par année».
Cette limite correspond au nombre maximum de poulets qu'il est possible de vendre sans détenir de contingent attribué par les Éleveurs de volailles du Québec en vertu du Règlement sur le contingentement de la vente aux consommateurs des producteurs de volailles.
- 6.4.3.A.2. «L’élevage de poulets du titulaire de permis doit faire l’objet d’une gestion sanitaire et préventive par un médecin vétérinaire au moins une fois par année.»
Idéalement, un médecin vétérinaire acceptera de vous délivrer à la suite d'une rencontre par télémédecine un rapport attestant qu'une gestion sanitaire de votre troupeau a été effectuée. Voir la section avant l'abattage ci-dessous.
- 6.4.3.A.3. Seuls les poulets appartenant au titulaire du permis peuvent être abattus dans son abattoir. Vous ne pouvez ni abattre le poulet d'autres titulaires ni permettre à d'autres titulaires d'utiliser votre abattoir – à moins que ce ne soit un abattoir mobile et qu'il soit déplacé chez un autre titulaire de permis et exploité par lui.
- Vous devez remplir et signer une fiche d’information sur la chaîne alimentaire (si le lien ne fonctionne plus, copie de sauvegarde) puis l’envoyer à smsaia@mapaq.gouv.qc.ca au moins 72 heures avant l’abattage.
Les installations d’abattage présentées comprennent cinq aires distinctes (art 6.3.A.2.2.). Elles doivent « permettre un cheminement continu des poulets, avant et pendant l’abattage, et des carcasses, après l’abattage, sans retour en arrière, sans chevauchement et sans croisement des poulets vivants, des produits et des viandes non comestibles » (art. 6.3.A.1.4.)
Ci-dessous, plans d'aménagement (cliquer ce lien pour télécharger la version imprimable PDF) d'un abattoir qui pourrait répondre aux exigences de l'article 6.3.A.2 Normes de construction et d'aménagement des abattoirs de proximité de catégorie «poulets à la ferme» du Règlement sur les aliments et qui permettra à son exploitant de faire l’abattage salubre de 24 oiseaux par jour (un premier lot de 12 poulets le matin et un second l’après-midi).
![]()
> Ci-dessous les nombres entre parenthèses en caractères gras correspondent aux renvois numérotés encerclés du plan d'aménagement ci-dessus. (Survolez ou touchez un numéro encerclé sur le plan pour en afficher la description.)
A1 aire de jeûne et de contention
Au maximum 28 heures (RSA, art.152.2) avant l’abattage, les oiseaux qui seront abattus sont transférés dans un enclos sur litière non-comestible (cailloux, paille, copeaux de bois) pour le jeûne. Cet enclos doit pouvoir protéger les oiseaux du soleil et de la pluie et disposer d’un abreuvoir automatique (2). Un capteur de volaille (1) permet l’attrapage sécuritaire et efficace des poulets dans l’enclos. Cette aire, sans devoir être cloisonnée, peut être couverte d’un abri-soleil 10pi x 10pi ou être située sous le débord de toit d'une structure fermée.
Bien que les lois canadiennes et québécoises ne recommandent pas de durée minimum pour la période de jeûne, nous aurions tendance à suggérer un jeûne de 8-12h pour une volaille à croissance rapide (Cobb, Ross). Pour les volailles rustiques, un jeûne plus long favorise une vidange digestive plus complète; nous utilisons comme balise supérieure le maximum de 28h prévu par la réglementation fédérale sur le transport (RSA, art. 152.2), au-delà duquel le risque de déficit nutritionnel devient une préoccupation reconnue.
A2 aire d'insensibilisation et de saignée
Aire ouverte permettant la contention, l’insensibilisation, la mise à mort et la saignée des oiseaux. Le sol est recouvert de pierres concassée (¾ po). Cette aire, sans devoir être cloisonnée, peut être couverte d’un abri-soleil 10pi x 10pi ou être située sous le débord de toit d'une structure fermée.
Elle comprend :
- (1) 4 cônes d’abattage, installés sur une potence;
- (3) Un étourdisseur à percuteur captif permettant l’insensibilisation des oiseaux avant leur mise à mort;
- (2) Un couteau à lame courbée pour trancher la gorge de l’oiseau insensibilisé et effectuer sa saignée;
- (5) 4 chaudières de plastique de 20 litres placées sous chaque cône d’abattage pour récupérer le sang;
- (4) Un pistolet d’arrosage raccordé à l’eau potable pour le rinçage des mains, du couteau à lame courbée et de la volaille après l’abattage.
- A3 aire d'échaudage et de plumaison
Aire ouverte permettant la plumaison des oiseaux. Le sol est recouvert de pierres concassée (¾ po). Cette aire, sans devoir être cloisonnée, peut être couverte d’un abri-soleil 10pi x 10pi ou être située sous le débord de toit d'une structure fermée.
Elle comprend :
- (1) Une échaudeuse (60°C) pour faciliter le déplumage des carcasses;
- (2) Une ébouillanteuse (100°C) pour faciliter le déchaussage des pattes;
- (3) Un coupe-griffe pour retirer les griffes des pattes;
- (4) Une plumeuse rotative automatique;
- (5) Une chaudière de plastique de 20 litres pour récupérer les plumes;
- (6) Un pistolet d’arrosage raccordé à l’eau potable pour le rinçage des poulets pendant et après la plumaison;
- Accessoirement: une petite table pliante pour y déposer une minuterie ou un sablier (2 minutes) et, s’il y a lieu, les couvercles de l’échaudeuse et de l’ébouillanteuse ou autres outils.
- A4 aire d'éviscération cloisonnée
Structure fermée dans laquelle l’éviscération en suspension des poulets déplumés a lieu.
Elle comprend :
- (1) La cuve d'attente : cuve à lessive sur pattes au-dessus de laquelle on installe suffisament de crochets de suspension pour retenir les carcasses déplumées en attente de traitement. La cuve est connectée, au moyen d'un cordier à bride, à un tuyau de drainage flexible qui dirige les eaux usées vers un système de récupération des eaux usées;
- (2) La table d'habillage : table lisse et lavable sur laquelle sont installées:
- (4) La cuve de travail: cuve à lessive sans pattes au-dessus de laquelle est installé un crochet de suspension permettant l’éviscération hygiénique d’une carcasse. La cuve est connectée, au moyen d'un cordier à bride, à un tuyau de drainage flexible qui dirige les eaux usées vers un système de récupération des eaux usées;
- (3) Un couteau d’éviscération posé sur le rebord de la cuve de travail;
- (5) Deux douchettes raccordées à l’eau potable suspendues au-dessus des deux cuves permettant le rinçage des poulets et des abattis;
- (6) Bouilloire électrique produisant de l'eau bouillante utile pour assainir rapidement surfaces et outils;
- (8) La cuve de préparation des abattis: cuve à lessive mi-hauteur connectée, au moyen d'un cordier à bride, à un tuyau de drainage flexible qui dirige les eaux usées vers un système de récupération des eaux usées. Elle contient:
- (9) Deux récipients troués pour laisser passer l'eau: un pour recevoir le foie et le cœur du poulet avant de les rincer, un pour recevoir le gésier avant qu'il soit paré;
- (10) Un couteau à lame courbée pour parer les gésiers;
- (7) Un bac de récupération des viandes non-comestibles (viscères, têtes, griffes, peau, gras, etc.). Posé par terre entre les deux cuves, il peut s’agir par exemple d’une poubelle en plastique;
- (11) La cuve de refroidissement: cuve à lessive sur pattes remplie d'eau et de glace (ou de blocs réfrigérants) permettant le refroidissement des carcasses. Tentez de maintenir la température de l'eau inférieure à 10°C pour respecter les normes de refroidissement à l'eau pour les carcasses de volaille habillées de l'ACIA. La cuve est connectée, au moyen d'un cordier à bride, à un tuyau de drainage flexible qui dirige les eaux usées vers un système de récupération des eaux usées;
- (12) Un pistolet d’arrosage raccordé à l’eau potable pour le remplissage de la cuve de refroidissement et le rinçage des installations à l'eau froide avant ou après l’abattage;
- (13) Sur une autre table lisse et lavable, à côté de la cuve de refroidissement, sont déposés:
- (14) Un thermomètre à thermocouple pour mesurer la température de l’eau de refroidissement;
- (15) Une petite glacière pour l’entreposage au frais des abattis (cœur, foie, gésier, pattes). Les abattis doivent être conservés au froid et dans des contenants (ou des sacs) individuels. Il faut prévoir un contenant pour les pattes déchaussées, un pour les cœurs, un pour les foies et un pour les gésiers parés;
- (16) Une réserve de pansements, gants en nitrile, filets à cheveux et filets à barbe dans un contenant en plastique hermétique;
- Une station de lavage des mains comprenant :
- Une alimentation en eau courante potable;
- (17) Un chauffe-eau électrique à accumulation pouvant être réglé à une température minimale de 60°C/140°F;
- (19) Une cuve à lessive sur pattes munie d'un robinet de lessive avec bec pivotant fileté – capable de distribuer de l'eau chaude, froide et tiède – ainsi que d'une distributrice à savon liquide. La cuve est connectée, au moyen d'un cordier à bride, à un tuyau de drainage flexible qui dirige les eaux usées vers un système de récupération des eaux usées;
- (18) Un pistolet d’arrosage raccordé à l'eau chaude pour le rinçage des installations avant ou après l’abattage;
- (21) Une distributrice à papier essuie-main;
- (20) Une poubelle;
- (22) Une grande glacière (sur roues) permettant l’entreposage de glace ou de blocs réfrigérants ("ice packs") puis le transport des carcasses vers les installations frigorifiques d'entreposage / l'atelier de charcuterie (A5);
- (23) Un système de récupération des eaux usées;
- A5 Installations frigorifiques d'entreposage et atelier de charcuterie
- Installations frigorifiques d'entreposage
Outre les équipements de refroidissements des carcasses éviscérées (voir la cuve de refroidissement ci-haut), l'exploitant doit aussi disposer d’une installation frigorifique d’une température d’au plus 4 °C servant à l’entreposage des carcasses. L'équipement le plus simple à utiliser est un réfrigérateur qu'on réserverait exclusivement à cet usage. Le lendemain de l'abattage, si les carcasses ne sont pas vendues, elles doivent être congelées. Un congélateur tombeau d'une température d'au plus -18°C doit alors être employé pour entreposer les carcasses congelées. Bien qu'il soit possible d'installer de tels équipements à même l'abattoir, ce guide suggère plutôt l'utilisation d'un réfrigérateur et d'un congélateur installés dans le domicile de l'exploitant et réservés à cette utilisation.
Emballage et étiquetage: avant de pouvoir être vendues, les carcasses doivent être emballées et étiquetées. Ce guide suggère que les étapes d'emballage et d'étiquetage soient réalisées dans la même pièce que celle où sont installés les réfrigérateurs et congélateurs, au moment de transférer les carcasses du réfrigérateur au congélateur. L’emballage doit comporter les inscriptions suivantes :
- la date d'abattage et la date d'emballage;
- le nom de l'exploitant autorisé ainsi que ses coordonnées;
- le poids du produit, exprimé en poids net;
- la mention suivante : « AVIS : provient de poulets abattus sans inspection permanente ».
- Atelier de charcuterie
Le permis d’abattoir de proximité de catégorie «poulets à la ferme» autorise son titulaire à exploiter un atelier de charcuterie où se fait la préparation de viandes ou d’aliments carnés pour fins de vente au détail. Bien que vous puissiez certainement réaliser certaines opérations de parage dans l'abattoir lui-même, des préparations plus élaborées seront plus confortablement exécutées dans un atelier intérieur réservé à cette fin. Cet atelier devra être un lieu conforme aux exigences du Chapitre 2 du Règlement sur les aliments.
Les emballages des produits préparés à partir de poulets abattus à l’abattoir de proximité doivent comporter les inscriptions décrites ci-dessus.
Ici, l'entreposage et la préparation de nos poulets abattus à la ferme sont réalisés dans un local dédié pourvu d'un permis de préparation générale. Grâce à ce permis, nous utilisons le local à l'année pour préparer toutes sortes d'aliments destinés à la vente. Si nous ne détenions pas ce permis de préparation, et que nous détenions exclusivement un permis d'abattoir de proximité catégorie «poulets à la ferme», nous ne pourrions préparer rien d'autre dans notre local que des aliments préparés à partir de notre poulet.
Ce guide recommande qu’une personne seule à la tâche abatte un premier lot de 12 poulets, prenne une pause, puis abatte un second lot de 12 poulets. À titre d'exemple, 12 poulets peuvent être abattus entre 10h et 12h puis 12 autres entre 13h et 15h. Avant la pause, le premier lot (poulets et abattis) est entreposé dans les installations frigorifiques d'entreposage prévues à cet effet.
Avant l’abattage
Pendant l’abattage
Séquence d’abattage
Après l’abattage


|
|
|
|
|
|

|
|
|
|
|
|

|
Anatomie du poulet: squelette et organes internes.
Avant de commencer:
- Lavez vos mains;
- Mettre des gants de nitriles jetables – si vos mains sont blessées –, une résille à cheveux et un filet à barbe s’il y a lieu d’en porter;
- Remplir la cuve de refroidissement aux trois quarts avec de l’eau potable froide, puis y ajouter suffisamment de glace ou de blocs réfrigérants (« ice packs ») pour abaisser et maintenir la température de l’eau sous les 10 °C. Vous pourrez ainsi respecter les normes de refroidissement à l'eau pour les carcasses de volaille habillées de l'ACIA.
- Verser suffisament de glace autour des contenants qui se trouvent dans la petite glacière de récupération des abattis;
- Mettez en marche la bouilloire électrique;
ATTENTION
- Si, pendant l’éviscération, une contamination fécale survient sur l'extérieur de la carcasse, un parage rigoureux de la section affectée doit être réalisé. Si la contamination survient à l'intérieur de la carcasse, celle-ci doit être condamnée;
- Suspendre un oiseau au-dessus de la cuve de travail
Déplacer un oiseau qui est au-dessus de la cuve d'attente au-dessus de la cuve de travail;
- Enlever les pattes
ill. 1
ill. 2
- Faire pivoter le crochet de 90° de sorte à pouvoir saisir d’une main une des deux pattes du poulet et, de l’autre, la sectionner au niveau de l’articulation tarsienne (ill.1 et 2) à l'aide de votre couteau d’éviscération. Lorsque votre lame passe au bon endroit, entre les deux os, la coupe est facile. Répéter l’opération sur l’autre patte. Rincer la carcasse et les pattes. Déposer les pattes dans le contenant prévu à cet effet dans la petite glacière prévue pour l’entreposage au frais des abattis.
![]()
- Retirer la glande uropygienne
ill. 1
ill. 2
ill. 3
- Faire pivoter l'oiseau pour qu’il vous fasse dos puis, d’une main, pincer la papille de la glande uropygienne entre le bout du pouce et de l’index (ou à l’aide d’une petite paire de pinces) (ill.1) et, de l’autre, faire une coupe profonde avec le couteau en rasant l’os du croupion (le pygostyle) jusqu’à sa base (ill.2);
- Libérer ensuite complètement le morceau de chair en ramenant la lame vers le dos du poulet (ill.3). S'assurer que les deux lobes jaunâtres enfouis dans la chaire du croupion sont complètement retirés de celui-ci. Au besoin, gratter ce qui aurait échappé à votre coupe initiale et bien rincer. Jeter la chair coupée dans le bac de récupération des viandes non-comestibles.
![]()
![]()
- Sectionner la tête
ill. 1
ill. 2
Pour trancher la tête sans mordre l’os et émousser votre couteau, tournez la volaille vers vous et cassez son cou en faisant pivoter la tête loin vers l’arrière (ill.1). En rompant ainsi la jonction entre la base du crâne (l’occipital) et la première vertèbre cervicale (l’atlas), il vous sera aisé d’y faire ensuite passer la lame de votre couteau (ill.2). Maintenir la tête bien pliée vers l’arrière pendant la manœuvre. Jeter la tête dans le bac de récupération des viandes non-comestibles.
![]()
- Dégager la trachée, l’œsophage et le jabot
ill. 1
ill. 2
ill. 3
ill. 4
- Tirer la peau à la base du cou et la couper (ill.1). Passer son doigt à travers l’ouverture ainsi pratiquée et déchirer la peau jusqu’en bas (ill.2 et 3).
- En fouillant un peu autour du cou, repérer puis dégager l’œsophage et la trachée (ill.4). La trachée (par laquelle l’oiseau respire) est le plus coriace des deux tubes, elle est nervurée et presque rigide. L’œsophage (par lequel l’oiseau ingère sa nourriture) est souple et lisse. Le suivre jusqu’à la base du cou où se trouve le jabot qui se présente sous la forme d’un renflement de l’œsophage. Le jabot n’est pas facile à dénicher, surtout lorsqu’il est vide, ce qui sera le cas si vous avez bien fait jeûner votre volaille. Collé sur la poitrine, c’est un petit sac aplati de la taille d’une prune. Le décoller complètement de la poitrine, sans craindre de le déchirer, l’appareil est solide. Une fois la trachée, l’œsophage et son jabot bien détachés, l’ouverture thoracique par laquelle ces trois organes devront éventuellement cheminer, vers l’intérieur du poulet, devrait être bien visible à la base du cou. La peau flasque et pendante du cou peut être coupée et jetée à cette étape.
![]()
![]()
![]()
- Détacher et faire pendre le cloaque
ill. 1
ill. 2
ill. 3
ill. 4
ill. 5
ill. 6
ill. 7
- Le poulet dos à vous maintenant, pincez le cloaque entre le pouce et l’index et relevez-le de façon à bien exposer la chair entre le cloaque et le croupion (ill.1);
- Pratiquez des incisions peu profondes et répétées à la base du croupion jusqu’au ce que vous découvriez la bourse de Fabricius (ill.2);
- Faire pivoter le poulet de manière à bien voir son bas ventre, pincer en avant du cloaque (ill.3) et entailler le bas ventre assez profondément pour exposer la cavité abdominale mais pas trop pour éviter de taillader l'intestin (ill.4);
- Poser l'index sur le cloaque, le pouce en dessous et relever l'arrière train pour pouvoir bien distinguer l'intestin relié au cloaque. Couper alors la chair des deux côtés de l'intestin pour libérer le cloaque de la carcasse (ill.5);
- Tout en tenant le poulet par le cou pour éviter tout risque de contamination (ill.6), tirer délicatement sur le cloaque, par petites saccades, pour extraire de la cavité pelvienne une section d’intestin suffisamment longue pour que le cloaque puisse pendre sur le côté (ill.7).
![]()
![]()
![]()
![]()
![]()
![]()
- Ouvrir la cavité pelvienne (cavité abdominale)
Faire pénétrer la lame par l’ouverture cloaquale et la faire ressortir vis-à-vis de la pointe du bréchet (sternum). Trancher ensuite vers le haut pour ouvrir complètement la cavité pelvienne.
- Retirer les viscères
ill. 1
ill. 2
Il est possible de procéder à cette étape de deux façons : en laissant l’oiseau suspendu sur le crochet ou en l'en décrochant (ill.1). Lorsque l’oiseau est petit ou que vos mains sont de bonne taille, l’éviscération en suspension est plus ardue puisque les cuisses de l’animal sont maintenues en place par le crochet et la cavité pelvienne est plus étroite. En prenant l’oiseau dans vos mains, poitrine en l’air, la cavité pelvienne laisse pénétrer la main beaucoup plus facilement. Il faudra tout simplement raccrocher le poulet une fois les viscères extraits. Il ne faut jamais le déposer au fond de la cuve de travail.
Pour le vider, tirer d’abord sur le gésier pour dégager assez d’espace pour pouvoir faire pénétrer votre main au complet dans la cavité pelvienne. Former ensuite une coupelle avec votre main et introduisez-la jusqu’au fond du thorax, dépassant le foie et le cœur. En tentant de ne pas trop refermer votre main, ce qui pourrait broyer le foie du poulet, pincer fermement entre votre pouce et votre index l’œsophage et la trachée que vous devriez sentir là (ill.2);
Tirer les viscères vers vous et une fois ceux-ci détachés du poulet, raccrocher la carcasse au crochet par une ou deux pattes.
![]()
- Prélever le foie, le cœur et le gésier
ill. 1
ill. 2
- Penché au-dessus du bac de récupération des viandes non-comestibles, fermer une main autour du gésier et, à l’aide de votre autre main, saisir le foie et le cœur; à l’aide du pouce et de l’index de la main qui tient le gésier, pincer la vésicule biliaire là où elle est attachée au foie; tirer doucement sur le foie et le cœur pour les détacher de la vésicule (ill.1 et 2);
- Déposer le foie et le cœur dans un des contenants qui les attend au fond de la cuve de préparation des abattis;
- Dégager le gésier de l’amas de viscères restant et laisser les tomber dans le bac de récupération des viandes non-comestibles;
- Déposez le gésier dans l'autre contenant au fond de la cuve de préparation des abattis;
- Rincer le cœur et le foie puis les déposer dans la petite glacière de récupération des abattis.
![]()
![]()
- Enlever les poumons
Ici encore, certains trouveront peut-être plus facile de décrocher momentanément la carcasse de son crochet pour effectuer la prochaine opération. Les poumons étant en quelque sorte encastrés dans les côtes, il conviendra de les en déloger en les faisant glisser dans le sens des os de celles-ci plutôt qu’en les tirant vers soi. Pour exécuter cette manœuvre, un poumon à la fois, l’index et le majeur, collés ensemble, suffiront. Lorsqu’il est bien accompli, ce mouvement vous permettra d’extraire entiers les deux organes respiratoires dont vous pourrez ensuite disposer dans le bac de récupération des viandes non-comestibles.
- Rincer puis refroidir la carcasse
L’éviscération terminée, rincer abondamment la carcasse à l’eau froide, dehors comme dedans, et débarrassez-la de toutes matières superflues restantes. Profitez-en aussi pour vous assurer qu’aucune plume n’y soit encore accrochée. Plongez alors la carcasse sous la glace, au fond de la cuve de refroidissement des poulets. Assurez-vous que la température de l’eau est sous la barre des 10°C. Sinon, ajoutez de la glace. Vous pourrez ainsi respecter les normes de refroidissement à l'eau pour les carcasses de volaille habillées de l'ACIA.
- Parer le gésier
Installé au-dessus du bac de récupération des viandes non-comestibles, tranchez le gésier jusqu’au centre (A) puis ouvrez-le comme un livre pour en exposer l’intérieur (B). Il sera rempli uniquement de gravier si l’animal a bien jeûné, ou de gravier mêlé à des herbes et/ou des grains s'il a eu accès à l'un et/ou à l'autre. Vider le contenu du gésier dans le bac, puis, installé au-dessus de la cuve de préparation des abattis, rincer l’intérieur profusément, non seulement pour le nettoyer mais aussi pour refroidir la peau jaunâtre qui recouvre l’intérieur de l’organe (C). Bien refroidie, cette membrane sera facile à peler (D). Jeter la membrane et déposer le gésier dans la petite glacière de récupération des abattis.
Avant d'habiller le prochain poulet (étapes 1 à 12) :
- Lavez-vous les mains;
- Remettre en marche la bouilloire pour que l’eau déjà chaude se remette à bouillir;
- Placez les couteaux au fond de la cuve de préparation des abattis avec les contenants utilisés pour récupérer les abattis;
- Ébouillanter généreusement le fond de la cuve et les équipements qui s'y trouvent. Asperger également les douchettes utilisées pendant l’éviscération ainsi que la cuve d'éviscération;
- Remplir et remettre en marche la bouilloire.
Lorsque l'habillage des quatre poulets en attente est terminé
Il est temps de reprendre la séquence d'abattage du début (étapes A à D) et de préparer quatre nouvelles volailles. Avant de sortir de l’aire d’habillage (A4):
- Remettre en marche la bouilloire pour que l’eau déjà chaude se remette à bouillir;
- Placez au fond de la cuve de travail (A4):
- le couteau à lame courbée déposé plus tôt dans la cuve d'attente (A4)
- le couteau d’éviscération
- le coupe-griffe
- le bac à gésier vide
- Ébouillantez généreusement ces équipements ainsi que la douchette utilisée pendant l’éviscération;
- Remplissez et remettez en marche la bouilloire;
- Enlevez votre tablier, vos gants et votre résille.
Lorsqu'un premier lot de 12 poulets est en attente dans la cuve de refroidissement
- Transférer les poulets de la cuve de refroidissement (A4) à la glacière de transport (A4);
- Apporter la glacière de transport (A4) et la petite glacière à abattis (A4) dans l’aire secondaire (A5) et transférer les poulets et les abattis dans une unité de réfrigération;
- Faire sa remise en place (voir ci-dessous);
- Prendre une pause
- Abattre un second lot de 12 poulets
- Reprendre les étapes No2 et No3 ci-haut mentionné avant de passer à l'étape ci-dessous «Après l'abattage»
REMISE EN PLACE (entre les deux lots de 12 poulets)
- Nettoyez la glacière de transport et remettez-y de la glace ou de nouveaux glaçons réutilisables et ramenez-la à l’abattoir; faites de même pour la glacière d'entreposage des abattis.
- Remplacez l’eau de l’échaudeuse et de l’ébouillanteuse puis remettez les à chauffer;
- Videz la cuve de refroidissement et remplissez-la avec de l'eau et des glaçons;
Pour que le compostage se déroule efficacement, il est recommandé de viser un rapport carbone/azote (C/N) d’environ 30:1 (30 parts de carbone pour 1 part d’azote). Un ratio légèrement plus faible, comme 20:1, peut accélérer la décomposition, mais augmente le risque d’émissions d’odeurs si le compost n’est pas bien équilibré.
Les résidus d'abattage présentent un rapport C/N très bas, de 4:1 à 2:1, ce qui signifie qu'ils sont très riches en azote. Puisque la proportion de sang, de plumes et de viscères varie selon la taille et le type des oiseaux abattus, un rapport C/N précis est difficile à établir. Ces résidus contiennent généralement beaucoup d'humidité et manquent de structure, ce qui peut mener à un compostage anaérobie malodorant si trop peu de matière carbonée est ajoutée.
Il est donc nécessaire d’ajouter des matières carbonées sèches et structurantes, comme des copeaux de bois ou de la sciure, pour :
équilibrer le rapport C/N;
absorber l’excès d’humidité;
assurer une bonne aération/structure;
limiter les odeurs et les pertes d’azote.
À titre indicatif, les copeaux de bois résineux secs ont un rapport C/N d'environ 500:1. Il est recommandé d'y aller généreusement : disposer les résidus d'abattage en minces couches successives (environ 1/2 po), chacune recouverte d'une couche de copeaux nettement plus épaisse, de sorte qu'ils soient entièrement encapsulés dans le carbone et ne se touchent pas entre eux. Idéalement, chaque couche de résidus devrait répartir proportionnellement le sang, les plumes et les viscères accumulés au cours de la journée, plutôt que d'ajouter chacun en un seul bloc. Terminer toujours l'ajout de matière carbonée, à la fin de la journée d'abattage, par une couche recouvrante finale plus généreuse encore, qui neutralisera efficacement les odeurs même lorsque le mélange sous-jacent n'est pas parfaitement équilibré.
En ce qui a trait à l’humidité de votre compost, Jacques Petit explique dans son livre «Compost : théorie et pratique» : « On doit maintenir l’humidité, au sein du tas, autour de 50 %, celle d’une éponge pressée. Pour ce faire, il faut arroser, lors du montage, les matériaux trop secs au fur et à mesure de leur mise en place et non seulement à la toute fin ».
L'article 29.1 du REA interdit l'épandage, sur une parcelle dont la culture est destinée à la consommation humaine ou dans un pâturage, du « compost de tout ou partie du cadavre d'un mammifère ou d'une volaille ». Le Guide de référence du Règlement sur les exploitations agricoles (si le lien ne fonctionne pas, copie de sauvegarde) du ministère de l'Environnement précise qu'un « cadavre » est un animal mort à la ferme en raison de maladie — et non un animal sain abattu dans un abattoir conforme à la réglementation.
Les résidus d'un abattoir à la ferme (têtes, viscères, sang, plumes — les résidus solides compostés) ne provenant donc pas de « cadavres » au sens de l'article 29.1, puisqu'il s'agit d'animaux sains abattus dans les règles, leur compost se qualifie plutôt comme compost de résidus alimentaires, une catégorie que le deuxième alinéa de l'article exclut explicitement de l'interdiction. Il peut donc être épandu sur une parcelle destinée à la consommation humaine ou sur un pâturage, comme toute autre matière fertilisante.
Les eaux souillées récupérées pendant le processus d'abattage sont pour leur part assimilées aux déjections animales au sens de l'article 3 du REA — une autre catégorie de matière fertilisante, distincte du compost, mais soumise au même cadre général.
L'article 31 du REA encadre, pour l'une comme pour l'autre, la période d'épandage :
« L'épandage de matières fertilisantes doit être réalisé sur un sol non gelé et non enneigé. L'épandage de matières fertilisantes ne peut être fait que du 1er avril au 1er octobre de chaque année. »

























Tous les documents PDF tous droits réservés EPG 2026
Rédaction et illustrations:
Tous droits réservés EPG 2026